Cas pratiques · #2
Une application de contrôle de la peau avec un score de risque IA
Une application de peau est vendue comme bien-être, puis comme détection du mélanome. La publicité rend le problème visible, mais le score de risque en faisait déjà un dispositif médical.
Dernière révision: 13 octobre 2026 · Publié d'abord sur LinkedIn: 12 octobre 2026
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Une startup développe une application de contrôle de la peau. On photographie un grain de beauté, un modèle d'IA lui attribue un score de risque, et l'application suit son évolution.
Sur la boutique d'applications, on lit « Suivez votre peau. » Les fondateurs y voient un produit de bien-être. Puis le marketing lance une campagne : « Détectez le mélanome tôt. »
L'équipe se demande si la campagne a transformé l'application en dispositif médical. La meilleure question est de savoir si elle en était déjà un.
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La même application à quatre étapes. Ce qui décide, c'est la fonction et la revendication ensemble, et la plus stricte des deux l'emporte.
| Variante | Ce que fait et dit le produit | MDR | AI Act | Depuis |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Un journal photo : enregistre les images et les dates d'un grain de beauté ; l'utilisateur compare à l'œil. Ni analyse, ni score | Pas un dispositif médical. Aucun traitement des données de l'utilisateur à des fins médicales. | Pas d'IA, ou risque minimal | Maintenant |
| 2 | Ajoute un score de risque IA sur chaque grain de beauté. Vendue comme « Suivez votre peau » | Dispositif médical par sa fonction, quelle que soit l'étiquette : un score propre au patient qui éclaire une décision diagnostique C-329/16. Au moins classe IIa. La vendre sans marquage CE est déjà une infraction. | Haut risque via l'annexe I, dès lors qu'un organisme notifié est requis | MDR : maintenant · AI Act : 2 août 2028 |
| 3 | Même application, vendue comme « Détectez le mélanome tôt » | Dispositif médical sans aucun doute. La revendication doit aussi être étayée par des données cliniques MDR art. 61 et ne peut aller au-delà de ce qu'elles démontrent MDR art. 7 | Haut risque via l'annexe I | MDR : maintenant · AI Act : 2 août 2028 |
| 4 | Même modèle, vendu aux cabinets de dermatologie comme aide au tri pour les professionnels | Dispositif médical ; la classe dépend des décisions qu'il soutient | Haut risque ; le cabinet est un déployeur avec ses propres obligations art. 26 | MDR : maintenant · AI Act : 2 août 2028 |
Au sens du RGPD, des photos de la peau d'une personne analysées à des fins de santé sont des données de santé art. 9 ; pour une application grand public, le consentement explicite est la base habituelle.
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La startup a deux options honnêtes. La première est de revenir à la variante 1 : supprimer le score, garder le journal, et ne plus jamais parler de mélanome dans une publicité, un pitch ou une publication.
La seconde est d'assumer la finalité médicale : un système qualité ISO 13485, un cycle de vie logiciel IEC 62304, une évaluation clinique, un organisme notifié. Douze à vingt-quatre mois, de façon réaliste. Une consolation : l'AI Act permet aux fournisseurs de produits de l'annexe I d'intégrer ses exigences dans la même documentation technique art. 8(2).
Ce qu'elle ne peut pas faire, c'est rester dans la variante 2, en disant « bien-être » aux utilisateurs pendant que le code fait de la médecine.
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Questions
Si votre produit se situe près de l'une de ces lignes, la première question est ce qu'il fait exactement. Écrivez-moi si vous voulez en parler.
Les cas pratiques sont un support d'étude, pas un conseil juridique. Les cas sont composites ou anonymisés ; toute ressemblance avec une entreprise précise n'est pas intentionnelle.